LECTURES

 
 
 

 BLEU                                 
 BLANC                        
ROUGE                                                    



UNE HISTOIRE DE BLEUET  ET SOUVENIRS DE LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE



Cette année, notre amie Michèle Shuey, a eu la surprise et l’émotion de voir fleurir le matin du Quatorze juillet, un magnifique bleuet chez elle. Laissons-la nous parler de cette fleur et de ses symboles.

Oui, j’ai été très émue, de voir fleurir cette année, un bleuet dans un de mes pots de fleurs, ici à Oakmont, en Pennsylvanie. Non seulement je ne m’attendais pas à voir surgir de terre un bleuet, mais en plus, le voir s’épanouir en ce matin du Quatorze Juillet 2013, a été tout-à-fait incroyable.

Dans le langage des fleurs, le bleuet symboliserait la délicatesse et la timidité et serait « le messager de tous les sentiments purs, naïfs ou délicats » Il existe en France des liens très forts avec le bleuet. Sa couleur c’est bien sûr celle qu’il partage avec une des trois couleurs du drapeau français. Le Bleuet de France est le symbole de la mémoire et de la solidarité, en France, envers les anciens combattants, les victimes de guerre, les veuves et les orphelins. Par exemple, le 8 mai 2012, au lendemain de l’élection présidentielle, à l’occasion des cérémonies commémoratives à l’Arc de Triomphe, le nouveau président élu François Hollande a porté le Bleuet de France à la boutonnière.

Un rappel historique. Le terme de « bleuets » avait a été donné à ces soldats de la Classe 15 nés en 1895. Wikipédia précise qu’on leur avait donné ce nom parce que fraîchement arrivés sur le champ de bataille du Chemin des Dames, vêtus d’un uniforme bleu horizon. Ces jeunes recrues qui, pour des milliers d’entre eux n’ont jamais pu fêter leur vingt ans, avaient été surnommées ainsi par les poilus plus anciens qui avaient porté le désastreux pantalon rouge garance encore en usage au tout début de la Première Guerre mondiale.

J’en reviens au bleuet qui est apparu chez moi cette année. D’ores et déjà, je demande à la Providence de m’en renvoyer un l’année prochaine, accompagné si possible d’un coquelicot ! Là encore, petit rappel historique datant de la Première Guerre mondiale. Les bleuets – comme les coquelicots – continuaient à pousser dans la terre retournée par les milliers d’obus qui labouraient quotidiennement les champs de bataille. Ces fleurs étaient le seul témoignage de la vie qui continuait et la seule note colorée dans la boue des tranchées.

Durant l’époque plus pacifique de mon enfance, je revois ces images de vacances à la campagne avec bleuets et coquelicots qui parsemaient les champs et les talus.Ma joie serait de les revoir s’éparpiller aujourd’hui à nouveau un peu partout! Voilà un vœu qui plairait à Michel Ragon, l’auteur vendéen de « Les coquelicots sont revenus ». Avec mes étudiants du samedi, nous avons lu ce roman en classe il y a quelques années. (Je vous le recommande). Il permet d’ouvrir les yeux sur les promesses technocratiques des années 60 qui malheureusement ont causé bien des tragédies en milieu rural.

En tous cas, la nature m’a fait un magnifique cadeau cette année, et comme le petit Prince, j’aimerais dire :

« Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. »(“If someone loves a flower, of which just one single blossom grows in all the millions and millions of stars, it is enough to make him happy just to look at the stars.”)

Antoine de Saint-Exupéry : Le Petit prince, the Little Prince







A CORNFLOWER STORY  AND REMEMBRANCE OF WORLD WORD I



This year our friend Michèle Shuey had the surprise and emotion to see a magnificent cornflower bloom at her place, in the morning of Bastille Day. Let’s hear her tell the story and tell us about the symbols of this flower.



Yes, I was very moved to see this year, the appearance of this cornflower in one of my flower pots, here in Oakmont, Pennsylvania. Not only did I not expect to see one coming up, but arriving precisely in the morning of Bastille Day 2013 was really amazing.

In the symbolism of the language of flowers, the cornfield flower represents delicacy and shyness and would be “the messenger of all the feelings that are pure, naïve or delicate. You find in France strong ties with the cornflower. Its color is of course shared with one of the three colors of the French flag. The Bleuet de France (cornflower of France) is the symbol of the memory and solidarity, , toward the old veterans, the victims of war, the widows and orphans. On May 8. 2012, the day after the elections, the new elected president François Hollande, wore the Bleuet de France.

On the historical side: t The term “bleuet”(cornflower) was given to these soldiers of the 15 Class, born in 1895. Wikipédia gives the explanation that the term was given because they freshly arrived on the battlefield of the Chemin des Dames, wearing horizon blue uniforms. These young recruits who, for thousands of them never reached their 20 year old birthday, had been given that name by the Poilus (the bearded ones), who were older than them. The Poilus were the very same ones that wore the disastrous red garance pants still being used at the very beginning of the First World War.

Back to the cornflower that appeared at my place this year. I would like to ask the Providence to send this cornflower back next year, accompanied this time, by a poppy! Here too, let’s go back to the First World War. The cornflowers as well as poppies, kept growing in an everyday shells ploughed earth. These flowers were the only testimonial of life still going on and the only colored note in the dirt of the trenches.

From the more pacific time of my childhood, I see again these images of countryside vacation with cornflowers and poppies that were dotting fields and embankments… I would rejoice today of seeing them again, spreading a little everywhere! This is a wish that would be very much appreciated by Michel Ragon, from the Vendée region, the author of “Les coquelicots sont revenus”(The poppies are back). With my Saturday students, we read that novel in class a few years ago (I recommend really it.). It allowsyous to open your eyes on the technocratic promises of the sixties that caused unfortunately, a lot of tragedies in the rural places.

Anyway, Mother Nature has given me a magnificent gift this year, and like the Petit Prince, I would like to say:

“If someone loves a flower, of which just one single blossom grows in all the millions and millions of stars, it is enough to make him happy just to look at the stars.”(“Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde.”)

Antoine de Saint-Exupéry : Le Petit prince, the Little Prince